Est-ce que l’autoédition est faite pour moi ?

Avant toute chose, partons dans de la définition. En effet, il peut être assez compliqué de naviguer entre les différents types d’édition. Dans l’édition à compte d’éditeur, l’éditeur va s’occuper des corrections, de la création de l’objet-livre, de la diffusion et de la publicité. Dans l’édition à compte d’auteur, ça va être la même chose, MAIS de manière payante (j’ai fait un article dessus, CLIC pour le lire). Dans l’autoédition, il n’y a pas d’éditeur, donc c’est vous et vous seul•e qui allez porter toutes les casquettes. Ca n’exclut pas de faire appel à des professionnel•le•s pour certaines tâches (comme la correction ou la création de la couverture), mais il n’y a aucune obligation : si vous vous en sentez capable, vous pouvez créer votre livre de A à Z.

Avant de se lancer dans l’autoédition (que je vais abréger en AE), il y a, selon moi, certaines questions à se poser. Par exemple :

  1. Est-ce que l’AE est un choix réfléchi ? J’ai trop souvent entendu / lu des gens dire “Oh, j’ai été refusé•e par les éditeurs, du coup je suis venu en AE”. Traduction : l’AE est une voie de garage, le truc qu’ils ont tenté quand tout le reste a raté. Je l’ai souvent répété, mais je crois que ça ne fait jamais de mal d’en remettre une couche : l’AE n’est pas le cousin pauvre de l’édition, c’est juste une autre manière de procéder. Si votre rêve, c’est l’édition, alors persistez dedans. Quand un texte est refusé par cinq, dix, vingt ME, c’est peut-être que ce texte n’est pas aussi génial que vous le pensez. Peut-être qu’il a besoin de retravail, peut-être qu’il a des choses qui ne fonctionnent pas. Peut-être qu’il fait partie de votre évolution en tant qu’auteurice, MAIS qu’il n’a pas besoin d’être édité. Parce que oui, SPOILER ALERT, tous les textes ne sont pas (auto)éditables.
  2. Qu’est-ce que je cherche dans l’AE ? Là encore, j’ai souvent entendu / lu des trucs de type “Je veux des retours, je veux des lecteurices”. Okay, mais dans cas, pourquoi l’AE payante ? Pourquoi pas un wattpad ou une Plume d’Argent ? Parce que c’est souvent ces mêmes personnes qui publient un premier jet avec des fautes et / ou une mauvaise mise en page et / ou une histoire pas aboutie. Ce n’est pas sans raison que l’AE en France a si mauvaise presse et c’est en arrêtant de publier des textes pas travaillés qu’on pourrait changer cette image. Et puis, mettez-vous à la place des lecteurices qui ont payé pour votre livre. Si dans un mois après la publication, vous le retirez pour corriger des fautes, qu’est-ce qu’ils vont penser ? Que vous êtes un•e amateurice et un•e auteurice à éviter.
  3. Qu’est-ce que je suis prêt•e à faire pour mon bouquin ? Est-ce que vous êtes assez calé•e pour faire une correction sans fautes ? Est-ce que vous avez des outils type Antidote pour vous aider ? Est-ce que vous maitrisez les normes de mise en page ? De typo ? Est-ce que vous pouvez bricoler une couverture professionnelle ? Bref, est-ce que vous êtes prêts à y passer des jours et des semaines et des mois pour rendre le meilleur résultat possible ? Et si vous vous sentez faible dans un de ces domaines, est-ce que vous vous sentez prêts à embaucher des professionnels pour vous aider ?

Pour résumer, l’AE peut être un choix intéressant si c’est un de vos premiers choix, si vous êtes prêt•e•s à vous y investir, si vous êtes prêt•e•s à vous former à différents outils. Il y a une idée reçue qui est tenace et qui dit que l’AE, c’est de balancer son fichier sur Amazon ET C’EST TOUT. Sauf que pas vraiment. Voilà par exemple, une liste des différentes étapes par lesquelles je passe pour chaque bouquin que j’autoédite :

  1. Ecrire et corriger son texte. En général quand je décide de passer un roman en AE, il en est déjà au moins à sa troisième version, donc un premier jet + deux récritures + les corrections. Pour les corrections, ça se décompose aussi en plusieurs étapes : une correction à la main où je parcours tout le texte récrit, où je corrige toutes les tournures qui me font mal aux oreilles, une repasse à l’oral où je relis tout le texte pour détecter les choses qui sonnent mal, une correction dans Antidote pour les dernières fautes oubliées, puis toujours dans Antidote une chasse aux répétitions. Et enfin, une relecture finale pour vérifier que les corrections précédentes n’ont pas fait sauter des trucs et des machins. Alors oui, c’est LONG, même très long. Mais quel plaisir de se trouver face à un texte propre à la fin.
  2. Mettre en page la version papier. Je commence toujours par elle. J’ai un template travaillé depuis des années pour une meilleure expérience de lecture : la bonne police, le bon interlignage, la bonne présentation des chapitres. C’est là que je vais checker les veuves et orphelins, que je vais paramétrer les pages où les numéros doivent s’afficher, les pages de séparation des parties et tout tout plein de choses. Pour la version numérique, les choses sont plus simples : je reprends ce que j’ai mis en page ici et je l’adapte au format HTML pour le passer dans Calibre.
  3. Créer la couverture de la version papier. Pour rappel, la couverture papier se fait de préférence d’un bloc : la quatrième de couverture, le dos et la première de couverture. Là, tout dépendra avec quel imprimeur vous travaillez, mais le plus souvent, ils vous fournissent un template pour bien positionner tous les éléments. Cette partie, ça sera à l’appréciation de chacun vu que bon, les goûts et les couleurs. Cependant si j’ai un conseil à donner, c’est d’aller au plus simple, surtout au niveau des polices : faites en sorte que votre couverture soit lisible, même dans la miniature Amazon. Pour la version numérique, il vous suffira d’isoler la première de couverture.
  4. Créer le livre chez l’imprimeur que vous avez sélectionné. De mon côté, j’en ai testé plusieurs et j’ai fini par revenir au KDP d’Amazon. Mais c’est clairement à vous de voir ce qui vous convient le mieux.
  5. Faire votre pub. Sans fanatisme, peut-être tongue Je veux dire, personne a envie de lire quinze fois par jour un “Achetez mon bouquin, il est génial”. Je sais que quand un•e auteurice part dans ce genre de promo, je me désabonne de son compte. De mon côté, ce que je préfère, c’est de faire des à côté, de parler de certains éléments du bouquin, de trucs et de machins.

Et ça fait déjà pas mal d’infos pour cet article tongue Si vous êtes arrivé•e•s jusqu’au bout, respect lol

4 Comments

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    Lohiel 30 juin 2020 (6 h 18 min)

    Coucou
    Pour la création d’ebook bien propres, avec quelques notions de html, Sigil (gratuit, open source) est vraiment le must. Facile à prendre en main, en plus, et il y a plein de tutos.
    Lo :)

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      Svetlana 30 juin 2020 (11 h 14 min)

      Ah, je le connais pas celui-là, je me renseignerai :) De mon côté, je suis avec Calibre, gratuit et très facile d’utilisation.

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        Lohiel 30 juin 2020 (17 h 22 min)

        C’est l’outil “pro-gratuit” par excellence. Calibre est un très bon convertisseur, qui reste utile parce que désormais epub est le format de base… mais il ne permet aucune vraie mise en page – tu te retrouves régulièrement avec des ebooks dont le contenu ressemble à une page web, avec des lignes blanches entre les paragraphes, ce qui gêne la lecture pour beaucoup de monde (on s’éloigne de la mise en page à laquelle on est habitué.e.s dans les bouquins). De plus, si tu crées avec le code issu du traitement de texte, c’est pas vraiment propre (très redondant, il rend la liseuse énergivore) et reste le risque qu’il y ait des effets imprévisibles sur les différents supports, qui n’existe pas avec un code simple et propre. Sigil est à la fois un logiciel pour créer des ebooks et un très bon éditeur html.
        :)

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          Svetlana 30 juin 2020 (20 h 41 min)

          Après, si ton texte est “propre” de base, Calibre fait quand même le café x) Donc si t’as bien tout défini avec des niveaux de titres, sans tabulations ou d’autres trucs et bidules. Mais je note pour la consommation, et je testerai cet autre outil pour le prochain bouquin, tiens !

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