Aimons les jardiniers

Si vous être un•e scribouilleur•euse, vous avez déjà sûrement entendu parler des termes d’architecte et de jardinier•ère. Ce sont deux approches différentes du processus d’écriture. Les architectes vont être ces personnes qui planifient au maximum leur texte avant de l’écrire. Quant aux jardniers•ères, ça sera un découverte de l’histoire au fil de l’écriture. Il y a aussi quelques hybrides des deux qui ont un certain penchant, mais vont aussi piocher de l’autre côté. Le but de cet article n’est pas de prendre parti pour l’un ou de caillasser l’autre (rangez ces fourches), ça serait de toute manière assez idiot. Chacun prend la méthode qui lui convient !

Pour ma part, j’ai découvert cette notion assez tard dans ma vie scribouillesque. J’ai toujours eu une approche assez intuitive de l’écriture et je ne me suis jamais posé beaucoup de questions sur les procédés narratifs et d’autres petites choses qui font une histoire. J’ai appris en écrivant et je me rends compte aujourd’hui que toutes ces mécaniques, c’est juste devenu un réflexe inconscient. Donc ouais, si vous ne l’avez pas encore compris, je suis une jardinière dans toute sa splendeur tongue

Pour commencer une histoire, il va me falloir vraiment pas grand-chose : une première phrase, une image d’un personnage, une scène ou même juste un titre. A partir de là, je vais me contenter d’avoir une situation initiale, un conflit, une fin assez fluctuante et peut-être quelques événements importants à placer, mais rien de très fixe ou de très défini. Quant aux entrailles de l’histoire, je pars en général à l’improvisation la plus totale. Et je crois que j’en suis très heureuse lol

Mais voilà, je suis aussi une bestiole curieuse et j’ai tenté quelques petites choses du côté architecte de la chose. Il y a très très longtemps, à la fin des années 2000, j’avais une histoire. Cette histoire s’appelait La Septième Face et parlait de Machin Schauze qui héritait d’une quête farfelue d’aller découvrir la Septième Face de la planète Cube sur laquelle il vivait. Dans cette histoire, j’étais partie sur une structure assez libre : il fallait juste que chaque mini-tome soit l’exploration d’une des Faces du Cube. J’avais donc commencé à jardiner dans la joie et la bonne humeur et j’avais écrit sur deux Faces sans aucun souci. Et puis… et puis, un jour, au boulot, l’ordinateur a décidé de lancer une loooongue mise à jour et pour m’occuper, je n’avais qu’un cahier. Je me suis donc dit “Allez, on va faire un micro plan pour la troisième Face que j’avais commencée”. Vous sentez le venir le drame ? tongue Ce petit plan d’une pauvre page A5 m’a tué l’histoire. Bien correctement. J’ai plus jamais réussi à retrouver l’enthousiasme que j’avais ressenti pour les deux premiers livres parce que maintenant, je savais ce qui allait se passer et que finalement, ça n’avait plus d’intérêt à l’écrire.

Parce que la découverte de l’histoire au fil de l’écriture est une composante essentielle pour moi. J’ai besoin d’être surprise par les détours pris, par le monde que j’écris, par les personnages qui y vivent. Je sais que c’est apparemment de mauvais ton de dire que les personnages n’en font qu’à leur tête. Et ce n’est pas exactement ce qui se passe. Mais je ne pourrais clairement pas dire que mes personnages sont juste des marionnettes que j’agite à gauche et à droite. Alors oui, ils vivent, à défaut d’avoir un autre terme pour désigner le phénomène.

Alors, est-ce que ça fait de moi une scribouilleuse moins calée à cause de cette impro quasi perpétuelle ? J’espère que non. Est-ce qu’il y a plus de retravail après un premier jet ? Très certainement. Mais comme je le disais au début : ce n’est qu’une approche de l’écriture et chacun aura la sienne. Moi, en attendant, j’ai des tulipes à planter !

No Comments

    Laisser un commentaire

    %d blogueurs aiment cette page :