Pourquoi je n’écris pas de méchants

Comme vous le savez, en ce moment, je suis A FOND dans la correction des deux derniers tomes des Balles perdues en vue d’un Ulule à la rentrée. Et du coup, j’arrive à trouver de moins en moins de temps pour faire des articles de blog un peu intéressants. Jusque là, j’étais à trois par semaine, je pense qu’à partir de maintenant, je vais passer à deux, dont un pour les avancées de la préparation de la campagne Ulule. Ca sera moins prise de tête pour moi et je reprendrai la vitesse normale quand j’aurai un peu sorti la tête hors de l’eau pour les baballes paumées !

Et du coup, en retravaillant les Balles perdues, j’en suis venue à réfléchir à un truc : pourquoi j’écris jamais de “méchants”.

Déjà, définissons un méchant. C’est donc un antagoniste, l’opposé de notre héros, l’horrible individu qui mange des chatons au petit déjeuner. Ce dernier point est bien sûr une caricature. Mais voilà, a priori, le méchant est clairement identifié et c’est la personne qui fait des trucs pas cools. (Si un jour, vous avez besoin d’une définition, demandez-moi surtout lol )

Sauf que dans BP et dans à peu près tous mes autres romans, j’ai pas vraiment de ça. J’ai des personnages, oui. Et très souvent, ils ont des visions du monde opposées. Mais ils ne sont jamais identifiés comme méchants. Déjà, parce que je fais rarement des histoires avec un unique point de vue (par exemple, celui du héros ou de l’héroïne), mais j’aime beaucoup basculer entre tout-tout plein. Ce qui fait qu’un personnage qu’on pourrait identifier comme méchant si je restais que d’un point de vue, eh bah, il devient juste un personnage de plus.

En fait, j’aime beaucoup dire que je n’écris justement pas des méchants, mais des personnages. J’aime m’attarder sur le développement de chacun des points de vue, j’aime me glisser dans la peau du perso avec lequel je suis en train d’écrire. Et quand on fait ça, on pense ses pensées et on vit sa vie. Du coup, on est plus trop dans le jugement, en fait. Pour reprendre l’exemple des BP, chaque tome est composé de 7 à 9 parties assez conséquentes (10K mots), chacune avec un point de vue unique d’un personnage. Et les personnages sont rarement tout gentils : on a du rebelle, du mercenaire, du soldat, de l’espion et tout plein d’autres choses. Et l’un des challenges était justement d’écrire avec des personnages pour lesquels je n’adhère pas aux idées sans tomber dans le jugement et sans en faire des méchants de base. C’est un exercice compliqué, mais tellement intéressant !

Alors, du coup, la question se pose : si j’écris sans juger, par exemple un tueur, est-ce que je cautionne ? Eh bien, c’est là qu’entre en jeu la multiplicité de points de vue. Parce que si je ne condamne pas quand je suis dans la peau du personnage, quand on passe à un autre, on peut tout à fait noter touuus les trucs problématiques qui vont avec. Et finalement, je compte aussi beaucoup sur la perception du lecteur pour se forger sa propre opinion dessus.

Et vous, les méchants, vous en avez ? tongue Vous les écrivez comment ?

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