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Quand la mousse pousse – Jour 3 – Ouille

17A l’occasion de la sortie de Quand la mousse pousse le 3 janvier prochain, je vous propose de découvrir en avant première les cinq premiers chapitres de l’histoire smile

Du 29 décembre au 2 janvier, vous pourrez donc découvrir chaque jour un nouveau petit chapitron tout moussu.

Le chapitron d’aujourd’hui se prénomme “Ouille“. Bonne découverte bigsmile

Ouille

— Putain, mais ça pisse le sang, ton truc.

— Eh bah oui. Pourquoi je serais venu voir un rafistoleur sinon ?

— Ah, donc toi, tu viens là que quand t’as un truc qui va pas ?

— Parce que les autres, ils viennent pour admirer le paysage ?

— Figure-toi que certains viennent juste pour discuter. De choses et d’autres.

— Tu m’en vois ravi. Et pour mon bras ?

— Oh, ça va, hein. Tu peux attendre trois minutes.

— C’est que je commence à voir trouble.

— Non, mais c’est rien.

— Ouais, une veine tranchée, c’est rien.

— C’est pas une veine.

— Tu vas te bouger, oui ?

— Zut, hein. Et puis, t’as réussi ça comment ?

— En épluchant des carottes.

— Sérieux ?

— Pour qui tu me prends ? J’étais en train d’asperger les murs à l’acide acidifié et je m’en suis ramassé une goutte sur le poignet.

— Ah, mais ça attaque sévère, ta saloperie.

— C’est un peu son but.

— De t’exploser les veines à chaque fois que tu fais le ménage ?

— Figure-toi que la mousse, ça part pas avec juste un peu de javel.

— Ouais, bon. Mais avec tout l’acide que tu balances sur les murs, je me demande comment ils arrivent à tenir debout.

— C’est du solide.

— Quand même. Pourquoi tu laisserais pas juste la mousse pousser un peu ?

— Mais bien sûr. Elle pousse un peu, on trouve ça joli, on la laisse encore un peu, on se prend à lui donner un nom. Et hop, une nuit, elle passe à l’attaque et entre par les oreilles !

— Tu sais que ces histoires de mousse qui attaque, c’est pas forcément à prendre au pied de la lettre.

— On croirait entendre l’autre crétin, là. Il me racontait il y a pas longtemps que les murs jaunes, c’était pas si mal. En même temps, un suiveur…

— Ouais, bah, il a peut-être pas tort. Les temps changent, figure-toi. Les champignons ne courent plus. Peut-être que la mousse n’attaque plus, non plus.

— Donc quoi, tu proposes que je range ma bouteille d’acide au placard et que j’aille planter des navets ?

— Au moins, tu te retrouverais pas à pisser le sang tous les quatre matins.

— D’ailleurs, en parlant de ça.

— Une minute. Tu vois bien que ça commence à fumer.

— Ah bah, je le sens surtout. C’est quoi, cette connerie ?

— Une nouvelle méthode.

— Qui soigne une brûlure à l’acide par une autre au j’sais pas quoi ?

— Ça fait cicatriser plus vite.

— Si tu le dis.

— Regarde, il y a même plus de sang.

— Peut-être que je me suis juste vidé. Vu le temps que t’as mis.

— Elle est belle, la gratitude, tiens.

— Non, mais tu sais comment je suis quand je perds un litre de sang.

— Ah, pour le savoir… Tu viens me les casser trois fois par semaine.

— Je te ferais quand même remarquer que rafistoleur, c’est un peu ton boulot.

— Mon boulot… Et qui m’a demandé si je voulais soigner des boiteux à longueur de journée, hein ? Peut-être que je voulais partir explorer les fougères, moi.

— C’est dépassé, les fougères.

— Ouais, mais quand même.

— Il y en a plus tellement, d’ailleurs. Elles ont toutes été apprivoisées par les champignons.

— N’empêche… Les fougères, c’est plus classe que des potions à trois ronds.

Rendez-vous demain pour la suite mrgreen

3 janvier 2015

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