Bric-à-brac

Un bocal, une échelle, une grenouille

Il y a déjà un petit moment, une lectrice m’a demandé pourquoi j’accordais une si grande importance aux descriptions de la nature dans mes romans. Elle avait surtout été intriguée par la place accordée aux phénomènes météorologiques. Je me suis retrouvée bien bête à ne pas savoir quoi lui répondre. Ca m’a donc poussé à réfléchir mrgreen

Bon, depuis le temps, je pense que vous savez que même si je planifie pas mal de petites choses en ce moment, j’aime fonctionner principalement à l’improvisation. Ce qui fait que certains éléments qui peuvent sembler prémédités pendant des années et des années ne sont qu’une inspiration du moment. Je casse un mythe ? lol Et il se trouve que les lieux où évoluent mes persos et la flotte qu’ils se ramassent sur le tronche, c’est très souvent créé au moment de la scribouille. Ouais.

Je ne suis pas une grande adepte des descriptions, à vrai dire. J’ai une sainte horreur des descriptions des persos ; quand je le fais, je me contente de la couleur des yeux ou des cheveux. Je préfère me concentrer sur les mimiques, sur les émotions qui les traversent. Je trouve qu’on comprend mieux un personnage à travers ses réactions qu’à travers une description physique poussée. Je dis pas que j’ai raison, c’est juste ma manière de fonctionner. Et bon, tant qu’on en est aux confessions, il faut que j’avoue que je n’ai pas une vision nette de mes persos. Ils restent assez vagues dans le film mental qui se déroule au moment de la scribouille.

Les lieux, en revanche, c’est beaucoup, beaucoup plus clair. C’est quelque chose qui s’impose assez facilement dès que je commence à imaginer une scène. C’est d’ailleurs un mélange savant entre les lieux que j’ai connus et des endroits complètement imaginaires. Et il se trouve que dans tous ces lieux, il y a beaucoup de nature qui traine. La lectrice qui m’avait posé la question s’était ensuite demandée si c’était pas ma vision russe du monde qui transparaissait (vous savez, la fameuse âme slave). Et… eh bien, elle n’avait pas vraiment tort. Il y a des différences entre la culture russe et française et l’une de ces différences est le rapport à la nature. En France, on aime les villes verdoyantes et bien rangées. En Russie, on est davantage dans le chaos. Les villes partagent le terrain avec les arbres, les immeubles sont souvent noyés sous la végétation et ça serait un sacrilège que de couper quelques branches pour gagner de la lumière.

Quand j’étais petite, on avait des jardins et des champs. C’était nécessaire vu que les magasins étaient vides (chute de l’URSS, crises, tout ça), mais c’était aussi une certaine approche du monde. Aussi loin que je me souvienne, ma grand-mère a toujours fait pousser des trucs. L’hiver, c’était les semis sur les rebords des fenêtres ; au printemps, c’était les serres ; l’été, c’était les champs ; l’automne, c’était la récolte. Ce qui fait qu’une partie des weekends et des vacances, je les passais à l’aider. Et les caprices de la nature étaient une part importante de tout ce petit monde. Les souvenirs les plus nets que je garde, c’est les orages, les averses, le déchaînement de la nature alors qu’on est coincé en plein milieu d’un champ avec pas grand chose comme civilisation tout autour.

Et c’est un peu de tout ça que j’essaie de mettre dans mes écrits. La scène n’aura pas le même impact sous un soleil tranquille, sous un orage violent ou sous un épais brouillard. Les émotions ne seront pas les mêmes. Alors, peut-être que je devrais un peu lever le pied sur la météo et la description des platanes. Peut-être que je devrais me concentrer plus sur la tête des personnages. Mais le monde ne s’arrête pas au trait d’eye-liner, selon une sagesse populaire xD Donc tant pis, on va continuer à avoir une meilleure vision des ficus que des persos tongue

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