Écrivons !

Raconter une vie

Il n’y a pas longtemps, j’en suis venue à me poser quelques questions sur la vie, l’univers et le reste. Notamment, la perception de la vie par une personne. Parce que quand on écrit avec un personnage sur une longue durée, il se trouve qu’on ne peut pas vraiment traiter ça comme si on partait sur seulement quelques jours.

Je pense que tout le monde a un jour ou un autre eu ces moments d’irréalité où on repense à sa vie d’il y a quelques années et où on se dit que ça parait tellement différent / lointain qu’on a presque l’impression que ce n’était pas nous. Pour ma part, j’ai une assez grosse coupure qui correspond à mon changement de pays. Et par exemple, quand je me pose quelques secondes pour tenter de me remémorer les détails de la vie quotidienne quand j’étais encore en Russie (donc jusqu’à l’âge de neuf ans), bah ça fait bizarre. Parce que d’un côté, je sais que c’était moi, j’arrive encore à ressentir ce que je ressentais. Mais en même temps, tout (le contexte, l’environnement, la vie, les gens) a changé. Avec le changement de vie, la plupart des amitiés sont mortes et j’ai perdu la trace de beaucoup de gens. Et pour ceux que j’ai retrouvés ensuite par internet, eh bah, on va pas se mentir, c’était assez vide. Parce que passé la curiosité première, on n’avait plus grand chose en commun.

Bien, mais alors au niveau des personnages ? Eh bien, la théorie voudrait que ce soit pareil. C’est à dire qu’un personnage pris à un instant T a un passé, quelques squelettes dans le placard et quelques étapes d’évolution. Le souci, c’est quand on décide de parler d’un personnage sur la durée. Prenons l’exemple d’un personnage qu’on suivrait du berceau jusqu’à la mort. Peut-être qu’on l’a vu quand il apprenait à marcher, quand il a commencé à tomber ses dents, quand il est tombé amoureux pour la première fois, quand il est entré à l’université, etc, etc. Mais concrètement, ce n’est pas le même personnage à ces différents stades. C’est un personnage qui a des traits communs avec son incarnation passée, mais qui pourtant ne réagit pas exactement de la même manière. Parce qu’entre deux épisodes, il lui arrive des choses, il apprend, il évolue. Et c’est ce que je trouve fascinant dans l’exercice : tenter de garder une unité, tout en montrant l’évolution.

Allez, c’était la parenthèse philosophique du vendredi lol

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