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Les pâtes froides – Jour 2

64Salut à tous ! Comme vous le savez peut-être, ce 17 novembre, sortent Les pâtes froides, un petit roman de science-fiction apocalyptique. Je vous propose donc de découvrir les premiers chapitrons (eh ouais, pourquoi changer les bonnes habitudes…). Bonne lecture !

Les passants

 [An 3098]

Julia regarde sa progéniture partir sans un regard en arrière. Ah, il faisait moins le fier, la veille quand il a réalisé que les vacances étaient finies. Mais retrouver tous les autres garnements à l’école, ça fait sûrement oublier.

Julia voit le portail se refermer et prend le chemin de la maison. Une bonne chose de faite.

Elle n’habite pas bien loin. Mais elle a le temps, alors elle fait un peu traîner le retour.

Il fait encore chaud, on dirait que l’été a décidé de rester un peu plus que prévu. Elle se retrouve à chercher l’ombre des grands arbres. Toute la rue en est bordée.

Les passants sont rares dans ce coin de la ville. C’est un quartier résidentiel et ils sont sûrement tous en train de travailler après avoir bazardé leurs gamins à l’école.

Julia, elle, a été remerciée il y a quelques mois. Dépassée, pas assez dynamique. Ils voulaient du sang neuf, comme si le sien commençait à sentir le croupi.

Retrouver du boulot a semblé simple sur le coup. Après tout, la demande était importante, on avait sûrement besoin d’elle quelque part. Mais se faire embaucher après s’être fait virer n’a pas été si simple.

Alors, le temps a filé et les économies ont fondu.

Mais elle a un entretien cet après-midi. Elle se prépare depuis des jours. Elle connaît sa présentation sur le bout des doigts. Elle va leur en mettre plein la vue. Elle va ressortir avec un joli contrat signé.

Et après, les choses vont forcément s’arranger. Peut-être que l’année prochaine, ils pourront même partir en vacances.

Julia bifurque vers un immeuble. Elle compose le code et la porte la laisse entrer.

Elle a à peine le temps de la passer qu’une alarme se met à hurler. Elle se bouche les oreilles et ressort. Ça hurle dans toute la ville.

Lou

 [An 3083]

La nuit est tombée sur la ville. Simon l’observe envahir le moindre recoin, puis se faire chasser par les lampadaires qui se mettent en marche.

Il a élu domicile dans la partie abandonnée de la ville. En théorie, elle est en rénovation. Elle a donc été évacuée. En pratique, ça fait des années que la moindre grue n’y a pas fait quoi que ce soit. La ville tombe en morceaux et cette gangrène se propage bien plus vite que les gens ne semblent le penser.

Perché sur une vaste terrasse, il observe la ville. Les voitures filent, trop nombreuses. De temps en temps, elles plongent la ville dans un brouillard de pollution. On conseille de porter des masques, de ne pas sortir. Mais on ne fait rien pour arrêter la source.

La ville n’est pas la seule à tomber en morceaux. La société tout entière est malade. Et elle va de mal en pis.

Soudain, il entend des pas.

Il se retourne, sur ses gardes. Mais ce n’est que Lou.

Simon la regarde reprendre son souffle. Les ascenseurs ne marchent pas et il a choisi l’immeuble le plus haut du coin, celui avec la meilleure vue des environs.

— J’espère que ça valait le coup, dit-elle en s’avançant vers lui et en lui tendant son sac. Ils voulaient pas trop me laisser partir avec.

Il voit de l’espièglerie filer au fond de ses yeux. Pour elle, tout ça, c’est juste un jeu. Il ne la comprend pas. Mais il a besoin de cette voleuse. Peut-être parce qu’il sait qu’elle ne le trahira pas.

Il attrape le sac et vérifie son contenu. Les documents sont là, encore sous scellé. Il hoche la tête.

— Par contre, prochaine fois, je fais rien si tu m’en dis pas plus.

— Qu’est-ce que tu veux savoir ?

Elle réfléchit un bref instant.

— Tout. Et depuis le début.

A demain pour la suite !

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