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Les pâtes froides – Jour 1

63Salut à tous ! Comme vous le savez peut-être, ce 17 novembre, sortent Les pâtes froides, un petit roman de science-fiction apocalyptique. Je vous propose donc de découvrir les premiers chapitrons (eh ouais, pourquoi changer les bonnes habitudes…). Bonne lecture !

Le dernier journal

[An 3120]

 Ça y est. Les portes sont refermées. Procédure d’urgence. Et moi, je suis bloqué là comme un con. Moi et Marc. Pitié, filez-moi une corde.

Je regarde autour de moi. Je sais pas ce que je compte trouver. Peut-être un truc pour rendre ce séjour plus supportable. Mais il y a rien qui ressemble plus à un bunker qu’un autre bunker. Marc dit rien, lui. Il reste dans un coin et me laisse tranquille.

Mon regard s’accroche sur la porte. Il y a un « Sortie » qui reste allumé au-dessus. C’est bien, ils ont le sens de l’humour.

Je fais quelques pas. Je vais vite tourner en rond dans ce bordel.

Il y a une porte sur ma droite. Je la pousse et la lumière à l’intérieur grésille. Ça doit être les provisions. Conserves, trucs déshydratés. Je vais devoir survivre en bouffant des pâtes. Ça, c’est de la variété. Je ferme la porte.

En face de moi, il y a une console. Plein de trucs qui clignotent. Je sais aussi qu’il y a une vitre qui donne sur la ville. Mais un rideau de fer la bloque.

Je sais même pas quoi en faire, des trucs qui clignotent. On m’a pas trop expliqué.

Marc me regarde toujours depuis son coin. C’est bien qu’il parle pas. Mais ça va pas durer. Il attend sûrement que j’aie fini de faire le tour pour ouvrir sa gueule.

En face de la réserve, il y a une autre porte. Je la pousse. Une douche, un lavabo, des chiottes. Logique.

Je sais pas quoi faire. J’étais pas leur premier choix. J’étais pas du tout leur choix, en fait. Et maintenant, j’ai plus qu’à attendre.

Lou

[An 3083]

Lou court, elle zigzague dans les ruelles. Ses poumons lui font un mal de chien. Mais elle essaie de les calmer. Inspirer. Ne pas se soucier de la douleur. Expirer. Continuer.

Elle n’entend plus les pas derrière, mais elle continue. Elle n’a pas envie de ralentir pour vérifier.

Elle trébuche, elle n’a pas de forces. Allez, merde, il faut continuer.

Mais elle n’en peut plus. Alors, elle tourne dans une rue. Elle prend abri derrière un mur. Elle laisse passer un, deux, trois battements de cœur et regarde. Personne. Personne ne la suit.

Elle fait rentrer de l’air dans ses poumons en feu. Ça n’aide pas des masses. Elle a toujours l’impression qu’on lui cogne les tempes avec un marteau. Mais personne ne la suit, c’est déjà bien.

Il faut qu’elle bouge. Elle ne peut pas rester là, elle n’a pas de temps pour récupérer. Alors, elle se remet en route.

Ses jambes sont en coton, mais sa respiration se calme petit à petit.

Elle jette un coup d’œil au ciel. Le soleil est presque couché et elle est en retard à son rendez-vous.

Elle raffermit la prise sur son sac. Ce qu’il y a dedans, elle n’en est pas très sûre. Mais ça doit être important.

À cette pensée, son cœur recommence à tambouriner dans ses tempes. Elle devrait y mettre le feu, faire disparaître les preuves à tout jamais. Elle sait que ça va lui apporter des emmerdes. Mais elle a toujours été comme ça, Lou. Incapable de faire le bon choix.

Elle débouche sur une grande avenue. Les gens filent à toute vitesse. Ils ne la regardent pas. Ils ne font gaffe ni à ses joues écarlates ni son regard paumé. Les gens filent, filent, filent. Et ne savent absolument rien.

Un moment, Lou a envie de faire demi-tour, de revenir dans les ruelles vides. Mais il ne faut pas. Elle doit aller à son rendez-vous.

A demain pour la suite !

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