Écrivons !

Le lecteur et la mort

67Alors oui, j’avais déjà parlé de la mort de persos, de l’utilité ou non de les tuer, etc. Mais comme l’autre article a un truc comme deux ans et que le sujet est pas vraiment le même, allez, je me lance !

Tuer un perso dans une histoire, c’est souvent une décision compliquée. C’est qu’on s’y attache à ses bestioles, qu’on entre en empathie avec elles et tout et tout. Mais voilà, passer par ça est aussi parfois une nécessite pour l’histoire, pour le message qu’on veut faire passer… bref, il y a toujours une bonne raison. Mais comment gérer ça quand le perso qu’on veut tuer a des lecteurs qui le soutiennent ? La grande question.

Déjà, un premier conseil. Assurez-vous d’avoir une cave, un bunker, une cabane perdue dans les bois dont personne ne connait l’existence et où vous pourrez vous cacher le temps que les lecteurs digèrent la nouvelle. Eh oui, les réactions peuvent être, hum, très violentes. Parce que de la même façon qu’on crée une relation avec les persos quand on écrit, on en crée aussi une quand on lit. Et parfois, cette relation est assez fusionnelle  xD

A partir de là, est-ce qu’il faut renoncer à en finir avec un perso parce que son lectorat s’est pris de passion pour lui ? C’est compliqué. Parce que d’un côté, on peut se dire que si on garde le perso en vie, on va garder le lectorat qui lit en partie pour lui, on va lui faire plaisir, etc, etc. Là, le risque, c’est de finalement se lasser, de tourner en rond avec le perso. Bon, ça n’arrive pas forcément, mais c’est un risque. L’autre solution, c’est de se dire qu’on est fort, qu’on peut supporter quelques menaces de mort de la part de ses gentils lecteurs, quelques pneus crevés et quelques pigeons morts cloués à la porte. On peut se dire ça et y aller fièrement avec son idée de départ et tuer le perso aimé alors qu’il est au sommet de sa gloire.

Personnellement, je penche plutôt pour la deuxième solution (parce que j’adore avoir des pigeons morts cloués à ma porte). Mais ce n’est pas parce qu’on a décidé ça que c’est facile de s’y tenir. Parce qu’en plus de l’amour des lecteurs pour le perso, eh bien, il y a notre propre ressenti. Et c’est encore plus complexe de dire adieu à un perso avec lequel on s’est trouvé des atomes crochus. C’est pour cette raison que quelques uns de mes persos échappent encore et toujours à la mort alors qu’ils auraient dû mourir depuis déjà quelques tomes. Pour d’autres, j’ai pris mon courage à deux pieds et je suis finalement passée à l’acte. Bon, on va pas se mentir, c’était affreusement dur et la déprime était bien là une fois les mots écrits.

Et vous, vous en pensez quoi ? Tuer ou ne pas tuer un perso aimé ? mrgreen

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