Écrivons !

Quoi, ça se dit pas ?

38Fiuu, mais c’est qu’il prend la poussière, ce pauvre blog. Je l’ai un p’tit peu délaissé dernièrement. On va dire que c’était parce que j’étais prise ailleurs mrgreen Et du coup, j’avais envie de discuter écriture. Étonnant, hein ?

Dans les lointaines années 1990, j’avais commencé à apprendre le français. Et le français, c’est bourré de règles bizarres, de temps verbaux imbuvables et d’autres trucs étranges. Inutile de hausser les épaules, c’est le cas tongue Il m’a en gros fallu un an pour commencer à réfléchir en français et ne plus le considérer comme une langue étrangère.

J’ai donc fait le primaire, le collège et le lycée avec cette langue. Et tout ce temps, j’ai considéré comme de bon ton de pondre de jolies phrases toutes correctes d’un point de vue orthographique et grammatical. C’était beau. Ecrire, c’était donc aligner des mots selon des règles. Classe. C’est pour ça que mes premiers textes sont écrits dans un français très correct, sans faute ni rien. Mais qu’est-ce qu’ils sont plats lol

Le fait est que j’ai commencé à dévier du droit chemin à l’époque où je me suis mis à publier sur le net. Sûrement qu’à force de côtoyer d’autres scribouilleurs, ça a débloqué un truc. Ou ça a grillé quelques neurones, allez savoir tongue Quoi qu’il en soit, c’est à ce moment-là que mes personnages ont commencé à avoir une voix et pas juste de jolies répliques.

Je ne parle pas forcément des dialogues, d’ailleurs, même si c’est dans eux que j’expérimente le plus. La narration aussi a subi des changements assez conséquents depuis cette époque. Mais qu’est-ce donc qu’une narration pas correcte ? Vaste question.

Déjà, il y a le gros problème des “ne” dans les négations. Ca a l’air de rien comme ça, mais c’est un éternel débat entre mes personnalités. Est-ce qu’il faut le mettre ? Le virer ? Tourner les phrases autrement pour ne pas se poser la question ? Sans fin, le débat. Parce que ça a pas l’air comme ça, mais ces deux petites lettres, ça peut changer beaucoup beaucoup beaucoup de choses dans la perception d’un personnage. Et j’exagère à peine. Faites le test, le niveau de langue change de suite tongue

A côté des “ne”, on a aussi les constructions de phrases très orales. Dans ça, on peut mettre la non inversion du sujet et du verbe, les mots parasites, les jurons et plein plein plein d’autres trucs. Et tout ça fait qu’à force d’accumulation, le français correct, on l’a un peu oublié. J’espère qu’aucun prof de français ne lit ce billet mrgreen

Okay, mais pourquoi malmener cette pauvre langue ? Parce que je vous assure, j’ai pas encore oublié comment faire une phrase correcte tongue Non, le truc, c’est que j’écris toujours d’un point de vue interne, je ne pratique pas le narrateur externe ou omniscient. Et quand on se place dans la caboche d’un perso, on pense comme lui, on réagit comme lui, on a des accrocs de langage comme lui. J’ai essayé autrement, hein. Et faire réfléchir un perso dans un français irréprochable, je trouve ça artificiel au possible.

Bon, après, il faut pas croire. Je jure pas systématiquement comme un charretier dans tous mes textes. Tout dépend du perso, de l’ambiance et de tout un tas de choses. J’ai même des textes où j’ai respecté toutes les règles et qui sont lisibles, si si.

Et vous, quel est votre rapport à la déformation de la langue ? Vous avez envie de vous arracher les yeux quand vous tombez sur une construction boiteuse ou vous arrivez à vous maîtriser ? mrgreen

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2 pensées sur “Quoi, ça se dit pas ?”

  1. Nao dit :

    C’est marrant, je pensais à ce genre de réflexions sur la langue, et que parfois le mieux est l’ennemi du bien : qu’un texte ultra simple, voire simpliste, peut être plus efficace d’un point de vue littéraire qu’un texte extrêmement travaillé (je me suis mise à relire du polar francophone après la fin de Falco, il faut m’excuser). Dans Falco d’ailleurs, je m’émerveillais non pas sur ce que la présence ou l’absence de négations peut indiquer sur le moment et le personnage, mais sur le choix entre tutoiement et vouvoiement (je n’avais jamais remarqué à quel point cela manquait, en anglais).
    Et puis aussi, j’ai eu ce moment déclic dans l’apprentissage d’une langue (l’anglais en l’occurrence), quand j’ai commencé à fréquenter Internet (les fanfictions pour être plus exacte) ; quand je me suis rendue compte qu’un texte mal écrit, imparfait, pouvait avoir de l’impact.

    1. Svetlana dit :

      Same brain, remember? :P
      Oh mais oui, j’ai complètement oublié de citer les tutoiements / vouvoiements, mais c’est primordial. D’ailleurs, j’ai un petit faible pour des T/V à sens unique. Pour l’anglais, je me les fais inconsciemment dans la caboche, en fait. Mais ça reste plus à l’interprétation de chacun. En français, il y a l’avantage de les définir clairement.
      Ah mais je soutiens complètement les écrits du web (bon, plus les originaux que les fanfics, mais ça reste le même topo). Ces petites bêtes peuvent être bien plus inventives et accrocher plus que des textes publiés, même si elles sont imparfaites (mais bon, un texte est toujours imparfait :mrgreen: ).

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