Bric-à-brac

L’auteur et la critique

L’année tire gentiment à sa fin et plutôt que de rester tranquillement calée au coin du feu, j’ai envie de râler un peu. Chacun sa manière de célébrer les fêtes de fin d’année lol

Ça fait exactement deux ans depuis que j’ai décidé de me lancer dans l’auto-édition. Deux ans que j’ai exploré ce petit monde, communiqué avec des auteurs, observé certains phénomènes. Et globalement, j’aime ce concept. Vraiment beaucoup. J’aime sa liberté, j’aime toutes les possibilités que ça offre, j’aime la communication qu’on peut avoir avec ses lecteurs.

Sauf que voilà, depuis un bon moment, j’observe un phénomène qui me laisse assez perplexe. Alors, avant qu’on commence à me lancer des tomates, je tiens à préciser que je ne vise personne de particulier. Je l’ai juste vu se répéter un nombre incalculable de fois. Donc si vous vous sentez visés, peut-être que vous étiez dans le tas, mais je ne déclare la guerre à personne. Drapeau blanc, tout ça.

Parce que ce qui me chagrine de plus en plus, c’est les auteurs (bon, auto-édités pour le coup vu que la communication avec eux est plus simple qu’avec des édités) qui ont beaucoup de mal avec la critique quand elle n’est pas positive. Je vais peut-être enfoncer des portes ouvertes, mais les goûts et les couleurs, hein, vous connaissez la suite. Un lecteur a le droit de ne pas aimer ce qu’écrit un auteur. Il a le droit de le dire tout simplement parce que l’auteur a fait la démarche de partager son écrit et a donc décidé de le soumettre à la critique. Je précise quand même que je parle de critique argumentée, pas d’un bête “C’est nul, va te pendre”.

Bien sûr, une critique négative fait rarement plaisir, mais c’est aussi le jeu. On publie : certains aiment, d’autres pas. Est-ce qu’il faut dans ce cas dénigrer le chroniqueur et le maudire sur sept générations ? Eh bah… je dirais “non”, mais je suis une idéaliste. Parce que replaçons les choses dans leur contexte. Le lecteur a acheté un livre, il a donc payé pour un produit qu’on lui a proposé avec une jolie couverture et un joli résumé. Si après ça, le texte du livre ne lui a pas plu, eh bien, aussi fou que ça puisse paraitre, il a entièrement le droit de s’exprimer dessus. Et ce n’est pas parce que tous les lecteurs jusqu’à lui ont mis un 10/10 que lui ne peut pas mettre un 1/10. Chacun sa sensibilité, chacun ses goûts. Même quand ça fait un peu mal à l’auteur.

Certains partent du principe qu’un auteur a fourni du travail et que donc il faut se montrer sympa dans la critique. Alors, okay, soit. Sauf que le fait est qu’en auto-édition (ou même dans l’édition de temps en temps), on trouve parfois des textes qui n’ont clairement rien à y faire. On parle de textes avec dix fautes par page, par exemple, ce qui aurait pu être corrigé si l’auteur avait pris le temps de vraiment retravailler son roman ou d’engager un correcteur professionnel. L’auto-édition est libre, c’est vrai, mais l’auto-édition, ce n’est pas la publication d’un premier jet pas relu. Parce que encore une fois, il y a le critère de l’argent qui rentre en jeu. On paie pour lire, on peut donc s’attendre à récupérer au moins un texte un peu retravaillé. Dans ce cas, est-ce qu’on peut vraiment parler du travail de l’auteur ? Enfin, qu’on se comprenne bien. Il y a travail, évidemment. Un roman de 50 000 mots ne se pond pas en un après-midi, il demande des mois d’écriture, etc. Mais en auto-édition, un auteur doit faire bien plus que juste écrire. Il doit devenir correcteur, il doit devenir metteur en page, il doit devenir concepteur de la couverture, etc. C’est très long à faire, on y passe souvent des jours et des nuits et à la fin, on ressent une légère nausée à la vue de son texte. Mais c’est un choix à faire.

Mais si on ne veut pas faire tout ça et qu’on veut quand même être lu, il y a des solutions. Elles s’appellent Wattpad ou Plume d’Argent ou n’importe quelle autre plateforme de publication en ligne. Alors oui, l’accès est gratuit. Les gens lisent notre texte et ne paient pas pour. Et pour le coup, on part du principe que le texte n’est pas vraiment la version finale, que c’est quelque chose que l’auteur soumet pour s’améliorer, pour progresser, que peut-être il va prendre en compte les avis de ses lecteurs pour le transformer en une version finale et éditée. Je ne dis pas que la critique négative n’est pas possible sur ce genre de sites, elle l’est bien sûr. Mais le lecteur sera peut-être moins amer s’il tombe sur un texte perfectible que l’auteur a décidé de mettre en ligne gratuitement, plutôt que sur un texte pas fini qu’il a décidé de vendre.

Et j’ai l’impression que certains ont peut-être un peu oublié que l’écriture est un plaisir à la base, tout comme la lecture. Surveiller son classement Amazon et sa notation, c’est peut-être chouette, je ne sais pas. Mais ce n’est peut-être pas le plus important. Si certains lecteurs apprécient ce que vous écrivez, profitez. Mais gardez à l’esprit qu’un autre lecteur peut ne pas aimer du tout sans que son avis soit nul ou pitoyable juste parce qu’il a osé dire que ça ne lui plaisait pas.

Bon et puis, bonne année quand même lol

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4 pensées sur “L’auteur et la critique”

  1. Dragon à Plumes dit :

    Bonne année Grenouille !
    Il y a effectivement des auteurs auto-publiés qui gagneraient à prendre du recul sur le retour des lecteurs. Quand on a mis beaucoup de soi-même dans son texte, il est facile de prendre tout commentaire comme une attaque personnelle. Pourtant, la plupart des lecteurs ne pensent pas à mal (et les autres, hein, on les repère vite).
    Je suis la première à répondre un vague “ah, hum, oui, peut-être” quand une connaissance me fait une remarque de vive voix, parce que ce n’est jamais facile à encaisser de prime abord… Mais avec un peu de temps et de réflexion, une critique négative peut énormément nous apprendre.

    1. Svetlana dit :

      Bonne année, Dragon :)

      Ah bah oui, c’est clair qu’on aime nos textes et qu’on y déverse plein de nous (oui, même quand on écrit sur des psychopathes), donc on est d’accord que la critique négative est parfois (souvent) dure en encaisser. Mais perso, je ne suis tombée que très rarement sur des gens qui démontent pour le plaisir de faire mal.

      Ahaha, les critiques en live, c’est tellement traumatisant xD Surtout quand tu te retrouves bête à ne pas savoir quoi répondre xD Quant à la critique négative en elle-même, elle fait bien plus progresser que la positive ou la gentille (bon, même si on est d’accord que notre ego a aussi besoin de positif et de gentil :P ).

  2. DF dit :

    +1. Dieu sait que la critique est un art difficile… alors que l’artiste se croit tout permis! ;-) Vieux débat que j’ai évoqué il y a longtemps: http://fattorius.over-blog.com/article-23009387.html .

    Effectivement, le chroniqueur, celui qui prend sa plume ou son clavier pour parler d’un livre, est en droit d’en relever les défauts. On n’est pas forcément dans le “j’aime, je n’aime pas”, mais plutôt dans la question du “pourquoi”: pourquoi n’ai-je pas aimé, pourquoi ai-je une sensation de malaise (du reste parfois recherchée par l’auteur), pourquoi j’aime? Le subjectif, l’émotionnel viennent ainsi se mêler à la réflexion sur son acte de lecture, sur la résonance qu’il produit en soi. Ainsi peut naître une chronique/critique intéressante et constructive.

    Le blogueur a par ailleurs une chance sur le journaliste classique: l’espace alloué à la rédaction ne lui est pas compté, et il peut écrire sa critique longtemps après la parution du livre, voire quelque temps après sa lecture. Assez pour laisser résonner un ouvrage? Et en restituer le plus subtil des échos, positifs ou négatifs, dans sa chronique? Et même se lancer dans une mise en perspective élaborée, en relevant les influences et l’air du temps? Pourquoi pas!

    Enfin, un chroniqueur n’a pas à faire preuve d’une bienveillance particulière pour “le petit auteur auto-édité si fragile qu’il semble en sucre”…: lire un livre, paru chez un grand éditeur national ou auto-publié, c’est prendre le temps de s’intéresser à ce qu’a fait, le plus souvent, un parfait inconnu. Cela, que le lecteur/chroniqueur ait payé pour obtenir son livre, ou qu’il l’ait reçu gracieusement en service de presse. Je vous rejoins donc: il est tout aussi légitime de dire sa déception que son enthousiasme.

    Je vous souhaite une bonne et heureuse année, et beaucoup de succès pour 2017!

    1. Svetlana dit :

      Eh, merci pour ce lien ! Très intéressant article :)

      C’est tout à fait ça, une chronique négative peut apporter tout autant qu’une positive. Peut-être même plus parfois. Je sais d’expérience que ce sont les retours qui pointent les points à revoir qui m’ont fait avancer. Bon, on ne va pas non plus se mentir : une chronique positive fait plaisir. Mais venir dénigrer complètement les chroniqueurs qui n’ont pas aimé (et qui ont argumenté), c’est une pratique que je comprends de moins en moins.

      Bonne année à vous aussi ! Que la muse soit avec vous :D

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